L’atterrissage 2021 de la BIAT nous réconforte une fois de plus sur la solidité de la première banque de la place. L’activité intrinsèque continue à surperformer le secteur et prouve sa capacité de résilience face à un contexte pandémique ardu. La banque semble, par ailleurs, tenir ses promesses faites en marge de son émission obligataire subordonnée actuellement en cours (portant sur un montant de 150MDt extensible à 200MDt), affichant des résultats en ligne avec le budget. Cependant, la rentabilité a subi les contrecoups de la morosité ambiante en raison de la flambée « ponctuelle » du coût du risque.

Le leadership de la banque sur les dépôts à vue, sa marge de manœuvre confortable sur le coût des ressources et sur le ratio de transformation réglementaire sont les armes de la BIAT face aux contraintes de la crise de la Covid-19 qui secouent la sphère économique et financière.

Deuxième plus grande capitalisation du marché actions après la SFBT, la BIAT n’a que faiblement réagi, en bourse, aux nouvelles conditions édictées par la BCT relatives à la distribution des dividendes et imposées aux banques et aux établissements financiers au titre de l’exercice 2021. Et pour cause, la banque n°1 en Tunisie jouit d’une assise financière solide lui permettant de distribuer un dividende alléchant de 5,200Dt par action au titre de l’exercice 2021 (en hausse de 4% par rapport au dividende versé au titre des bénéfices cumulés des exercices 2019 et 2020), soit un payout exceptionnel de 69,6%. Malgré son parcours, le leader du secteur affiche des niveaux de valorisation tentants qui intègrent les surcoûts de la crise et sous-estiment les qualité fondamentales de la banque en termes de résilience du business model face aux chocs externes.

La crise de la Covid-19, la transition vers les normes de Bâle III et le lancement du chantier de la migration vers les normes IFRS, devraient générer un mouvement de « Flight To Quality » qui profiterait aux banques les plus solides sur le plan fondamental comme la BIAT.