2022 s’est avérée une année porteuse pour l’investissement en bourse. Malgré la recrudescence de la Covid-19, le manque de visibilité politique, la situation économique difficile et des finances publiques exsangues, notre marché a manifesté une résistance salutaire, dopé par les valeurs bancaires. La capitalisation boursière a progressé et l’indice de référence a affiché une performance à deux chiffres. Cependant, le constat est moins reluisant au rayon des volumes, notre bourse ayant enregistré un faible rythme des échanges, témoignant d’un assèchement de la liquidité.

L’éclatement de la guerre en Ukraine a entraîné une hausse de l'inflation et un resserrement des conditions financières. En venant s'ajouter aux dégâts causés par la pandémie de Covid-19, l'invasion russe de l'Ukraine a accentué le ralentissement de l'économie mondiale, qui entre dans ce qui pourrait devenir une période prolongée de croissance faible et d'inflation élevée. Il en résulte un risque grandissant de stagflation, ce qui aurait des conséquences délétères tant pour les pays à faible revenu que pour ceux à revenu intermédiaire comme la Tunisie.

La conjoncture actuelle a incontestablement de quoi désorienter plus d’un épargnant. Entre la hausse des taux d’intérêt, le retour d’une forte inflation et une volatilité imprévisible sur les placements boursiers. L’équation est en effet complexe car la rémunération réelle des placements sans risque traditionnels reste faible alors que l’inflation atteint désormais -et de façon semble-t-il durable– des sommets. Pour ne pas subir l’érosion monétaire de son capital, la prise de risque devient donc nécessaire, la question étant : quel type de risque? La solidité des fondamentaux, la qualité du management et le faible profil de risque restent notre ligne de conduite pour faire face aux vicissitudes de l’environnement et à la grisaille ambiante.

Dans un climat qui offre peu de visibilité, l’année 2023 s’annonce mitigée. Alors que les incertitudes économiques et politiques nous incitent à la prudence, trois facteurs accréditent la thèse d’une poursuite du rebond boursier: la croissance des bénéfices, la poursuite des introductions en bourse et le plan de relance économique annoncé par le Gouvernement dans le cadre du programme de financement préliminaire conclu avec le FMI.